Les Emigrés

En ce soir de réveillon, on ripaille dans les règles de l’art à tous les étages, sauf au sous-sol, où ont trouvé refuge deux êtres déchus, deux émigrés dont nul ne sait d’où ils viennent.
A priori, tout sépare ces deux déracinés qui n’ont pour tout bagage que le souvenir de cet ailleurs qu’ils ont dû quitter.
C’est sur leurs ressemblances que tous deux vont s’affronter cruellement dans ce huis clos à la fois oppressant et drôle, car tous deux sont les victimes absurdes de leur propre chimère qui les maintient dans l’incapacité à vivre le moment présent et les asservit bien plus efficacement que n’importe quelle forme de tyrannie ou d’exploitation…

Débutant en comédie de moeurs décontractée, pour virer abruptement au tragique et finir en dérision, c’est au travers d’un théâtre de l’absurde, de l’angoisse communicative chère à Ionesco, que Mrozek expose ses thèmes favoris et en joue en virtuose : une inquiétude nettement affichée quant aux rapports des hommes entre eux dans un univers où l’histoire broie le citoyen comme la meule le blé.

Scénographie et mise en scène : Karim Arrim
Création décors : Morgane Vinit
Création lumière : Frédéric Dubreuil
Musique originale : NILCO
Création graphique : Florence Bonnet
Régisseur général : Jean Dianteill

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